langogne

Langogne est une commune française, située dans le département de la Lozère en région Occitanie, à la limite entre la Haute-Loire et l’Ardèche.

Située à l’extrême nord-est de la Lozère, la ville de Langogne est cernée par une couronne de montagnes au relief atténué : la Margeride au nord, le volcan de Bonjour au sud-ouest et la butte de Beauregard à l’est avec une petite élévation aplatie au sommet appelée Mont Milan. Elle se trouve aussi à l’orée de la vaste forêt de Mercoire d’où serpente le Langouyrou, qui lui a probablement donnée son nom. Cette rivière au parcours tumultueux parfois, s’écoule doucement en traversant Langogne puis se jette dans l’Allier qui continue sa course à la sortie de la ville.

Position privilégiée, à l’abri du vent, malgré une altitude élevée (920 mètres), Langogne bénéficie d’une ouverture vers le nord sur l’axe Lyon-Toulouse via la RN 88, de la proximité des départements de l’Ardèche et de la Haute-Loire et aussi du lac de Naussac. Tournée vers le Velay, elle reste ancrée administrativement au département de la Lozère et à la Région Languedoc-Roussillon. Le bassin de vie de Langogne a depuis toujours été un espace de commerce privilégié. En effet Langogne est située sur le chemin de la Voie Regordane ancienne route romaine, mais aussi du Chemin de Stevenson.

De nos jours, la commune est desservie par la route nationale 88 (axe Lyon-Toulouse) et par la ligne de chemin de fer des Cévennes (axe Clermont-Ferrand-Nîmes).

En 1980, la commune cède une petite partie de son territoire à la commune voisine de Naussac afin de pouvoir construire le nouveau village près du lac. Ce territoire, non contiguë, est enclavé dans la commune de Langogne.

a création de la ville de Langogne remonte à la fondation de son monastère, en 9982.

L’analyse des sites archéologiques autour du mont Milan laisse penser à une activité humaine au moins aux IIe et 1er siècles avant notre ère, c’est-à-dire entre la fin du 2e âge de fer et le début de l’époque gallo-romaine. Deux sites importants de vestiges archéologiques (Lago et Coudelines) attestent d’une présence gauloise dans la vallée de Naussac et si la vidange du barrage en 2005 a fait apparaître en surface des pièces étonnantes à exploiter, les pages d’histoire restent muettes jusqu’en l’an 998 où, les actes de fondations de la ville, un texte officiel capital, parle pour la première fois de Langogne.

Le territoire appelé Gévaudan est divisé alors en huit vigueries. La viguerie de Langogne est dirigée par le vicomte Étienne et sa femme Angelmode qui, avancés en âge, ont voulu marquer leur domaine de leur empreinte spirituelle. Ils ont ainsi, avec leur fortune, fait bâtir une église et un monastère. Ce sont douze moines bénédictins de Saint-Chaffre du Monastier qui s’installent ici et une vie rurale s’organise alors autour d’eux. Des remparts sont construits pour protéger cette communauté laborieuse : de petites maisons en chaume viennent se blottir près du prieuré et on peut supposer que malgré la pauvreté des terres et les maigres ressources, des années s’écoulent calmement dans le respect des règles religieuses et l’autorité du prieur puisque celui-ci est propriétaire des terres et jouit des droits seigneuriaux.

La situation géographique de cette petite cité médiévale en fait rapidement un carrefour d’échanges et de négoce. En 1336, le premier marché notoire appelé foire de la Saint-Gilles donne à Langogne sa réputation commerciale qu’elle gardera toujours. On y vend du vin, du cuir, des tissus, de la laine et des produits agricoles divers. Les marchands s’installent petit à petit dans le bourg, la population s’accroît et des constructions se font au-delà des murs.

En 1568, en pleines Guerres de Religion, le capitaine huguenot Merle à la tête de 9000 hommes pille et détruit la ville3 : il s’agit d’une de ses premières exactions. La ville doit se reconstruire.

Au cours des siècles, ce régime féodal laisse progressivement place à une administration laïque. Langogne devient ville de consulat et obtient ses libertés et ses magistrats. D’abord administrée par un conseil politique composé d’un maire, de deux assesseurs, de quatre consuls et quatre conseillers, un édit de 1771 vient établir officiellement le rôle du maire. Il reste toutefois au seigneur la justice et la puissance territoriale. Il faudra attendre les États Généraux, en 1789, et la Révolution pour voir le département de la Lozère crée. Langogne, après hésitation car la Haute-Loire s’intéresse aussi à ce territoire bien situé géographiquement, y est rattaché. Le premier maire, Jean Bourguignat de Chabaleyre a poursuivi son mandat quelques mois suivi par Jean Louis Mathieu.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795. Si l’administration a été bien instaurée alors, la vie quotidienne de la cité demeure malgré tout difficile : deux inondations ravagent la partie basse de Langogne (le 3 octobre et le 10 novembre 1790) tuant neuf personnes. Les récoltes gelées ne permettent pas de remonter la pente et la municipalité doit emprunter 25 000 francs pour nourrir ses citoyens. En 1792, chute de la royauté : une société populaire est chargée de surveiller les municipalités. Des faits rapportés dans les archives font état de perquisitions, rafles d’animaux, d’objets précieux ou religieux. On traque surtout les anti-révolutionnaires en dispersant les religieux et occupant leurs locaux. Ainsi, les Bénédictins, les Capucins, les sœurs de Notre-Dame et de Saint-Joseph doivent subir ce expropriations. Le 19 novembre 1793, tous les objets religieux sont amoncelés sur la place des Moines et brûlés. La statue de la Vierge est retirée du bûcher subrepticement par le pharmacien Tantoine et protégée en attendant des jours meilleurs. Les périodes sombres du Directoire laissent des souvenirs amers : les villageois sont bien sûr favorables aux réformes nécessaires, mais ils restent profondément attachés à la religion et à leurs communautés religieuses qui ont régi leur pays durant des siècles. Pourtant, si l’on en croit les écrits, ils ne semblent pas réagir fortement aux cruautés et aux actions dévastatrices du comité de surveillance pourchassant le clergé : perquisition du couvent de Saint-Marie (collège) pour y mettre 106 détenus et condamnation à mort d’Honoré Mazoyé, père bénédictin réfractaire, et Gabrielle Privat sa protectrice dénoncés par ses voisins.

Il faut attendre 1815 où l’on évoque le nouveau maire appelé monsieur de Colombet de Landos, lieutenant colonel et chevalier de Saint-Louis, grand administrateur de la commune. C’est à lui qui érige la halle aux Grains et la Tour de l’Horloge. Il a même, à plusieurs reprises, prêté de l’argent à la mairie pour faire aboutir ses projets de modernisation de la ville. Il a également construit le cimetière actuel (le précédent se trouvait au pied de la chapelle des Pénitents) et le collège (lycée Saint-Pierre-et-Saint-Paul actuel).

Le 16 mai 1870, l’ouverture du tronçon Langeac-Villefort de la ligne ferroviaire Le Cévenol reliant Paris à Nîmes, désenclave la commune.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville est libérée par la 1re DB4 en août 1944.

En 1976, le mouvement de contestation au Barrage de Naussac5,6 culmine avec une manifestation à Langogne et au Mas d’Armand les 7 et 8 août7.

Le 7 avril 2000 Langogne obtient le record du monde de la saucisse la plus longue du monde de 23 kilomètres8. Il s’agissait de 23 160 mètres exactement. Ce record consacre la tradition charcutière de la ville.

L’église romane Saint-Gervais-Saint-Protais de Langogne fut édifiée au XIIe siècle, par les moines venus de Saint-Chaffre, sur les bords du ruisseau de Mercoire, affluent de l’Allier au pied de la butte de Beauregard. Elle est détruite au XVIe siècle. Durant la guerre de religion, Langogne fut assiégée, une grande partie du monastère fut brûlée et l’église subit de grandes destructions. Il a fallu plus de trente ans pour réparer les dégâts. La restauration apporta des modifications profondes. À l’extérieur, les échauguettes ne furent pas reconstruites et le portail fut entièrement refait en style gothique flamboyant. Le prieuré de Langogne étant très lié à celui de Chamalières-sur-Loire, il put bénéficier des études et des plans des architectes qui dirigeaient la construction de l’église de Chamalières. Les deux monuments ont été réalisés avec les mêmes caractéristiques du style roman bourguignon. Mais leur destin ne fut pas identique ; Chamalières est restée presque dans son état d’origine tandis que l’église de Langogne fut victime de la méchanceté et des bêtises des hommes. L’incendie de 1784 fit disparaître le clocher quadrangulaire, lequel fut remplacé par un clocher octogonal. La nef ne fut réparée qu’en 1829. Le clocher a gardé ses quatre cloches fondues en 1850, qui rappellent l’heure aux habitants par leur tintement. Au XIXe siècle, l’église fut agrandie pour répondre à l’augmentation de la population.

L’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Langogne fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 184012

La halle, classée monument historique, massive, imposante, érigée vers 1743, abrita les importantes transactions de grains qui se faisaient à cette époque. De nos jours, elle accueille les marchés hebdomadaires et diverses manifestations traditionnelles. D’ici, le cœur de la ville, partent de petites routes montantes. L’une d’entre elles, la rue Haute, fut sans doute un chaînon d’une voie celtique menant à l’oppidum du mont Milan. Elle a conservé quelques souvenirs émouvants de son passé: fenestrons avec des vitraux à armature de plomb, des dates sur les portails en pierres appareillées (1621, 1622, 1685, 1717, 1778), des enseignes rouillées, des anneaux de fer où l’on attachait les montures. C’étaient les rues des tisserands, des drapiers, des cardeurs, des fileuses. Cette activité textile a donné, pendant des siècles, une grande animation à ce quartier maintenant endormi.

L’église romane Saint-Gervais-Saint-Protais de Langogne fut édifiée au XIIe siècle, par les moines venus de Saint-Chaffre, sur les bords du ruisseau de Mercoire, affluent de l’Allier au pied de la butte de Beauregard. Elle est détruite au XVIe siècle. Durant la guerre de religion, Langogne fut assiégée, une grande partie du monastère fut brûlée et l’église subit de grandes destructions. Il a fallu plus de trente ans pour réparer les dégâts. La restauration apporta des modifications profondes. À l’extérieur, les échauguettes ne furent pas reconstruites et le portail fut entièrement refait en style gothique flamboyant. Le prieuré de Langogne étant très lié à celui de Chamalières-sur-Loire, il put bénéficier des études et des plans des architectes qui dirigeaient la construction de l’église de Chamalières. Les deux monuments ont été réalisés avec les mêmes caractéristiques du style roman bourguignon. Mais leur destin ne fut pas identique ; Chamalières est restée presque dans son état d’origine tandis que l’église de Langogne fut victime de la méchanceté et des bêtises des hommes. L’incendie de 1784 fit disparaître le clocher quadrangulaire, lequel fut remplacé par un clocher octogonal. La nef ne fut réparée qu’en 1829. Le clocher a gardé ses quatre cloches fondues en 1850, qui rappellent l’heure aux habitants par leur tintement. Au XIXe siècle, l’église fut agrandie pour répondre à l’augmentation de la population.

L’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Langogne fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 184012