barre des cévennes


Barre-des-Cévennes (en occitan, Barra de las Cevenas) est une commune française, située dans le département de la Lozère en région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Barrois.

Vue générale.

Barre était le siège de l’une des douze seigneuries gentilhommières du Gévaudan, donnant droit d’entrée aux États particuliers du Gévaudan. Le château du seigneur de Barre était situé sur le promontoire au-dessus du village.

La région fut particulièrement marquée par la révolte des Camisards au début du XVIIIe siècle.

En 1831 Barre a absorbé les communes du Bousquet-la-Barthe et Les Balmes. Jusqu’en 1958 Barre-des-Cévennes portait le nom de Barre. Cité cévenole, riche de tout son passé huit fois séculaire, de son authentique architecture conçue au fil des générations par ses seigneurs, ses chefs religieux, ses marchands, après avoir connu le déclin comme toutes les cités voisines, revient à la vie. La qualité du climat, la beauté de son environement, la richesse de sa flore et de sa faune ont vaincu l’indifférence et l’oubli.

Du XVIème siècle au début du XXème siècle, la physionomie du bourg a peu changé. Les constructions modernes se dressent seulement à la périphérie de l’agglomération. Barre représente donc encore l’aspect qu’elle avait sous l’Ancien Régime. Une centaine de hautes maisons serrées les unes contre les autres le long de la grand’Rue.

Eglise romane et Maisons Bourgeoises du XIIIème siècle, Fontaine « La Madeleine » surmontée d’une toute petite tête de Marianne, emblème républicain. Château du XIIIème siècle, mais remanié au cours des siècles. Son aspect actuel remonte au XVIIème et XVIIIème siècle. Le château proprement dit était une grosse bâtisse trapue flanquée de deux petites tourelles. Il en subsiste une.

Barre des Cévennes en Lozère (GR72, GR7 et GR67).La Place de la loue
Sur cette petite place, située à l’entrée nord-ouest du village, se tenait lors des grandes foires de printemps et d’automne, la « loue »: des bergers, des domestiques ou des ramasseurs de châtaignes attendaient, assis sur le parapet, qu’un éventuel employeur les embauche. Barre était considérée comme la cité des foires. Leur nombre varia, au cours du temps, de douze à quinze par an. Celles du printemps et de l’automne pouvaient attirer jusqu’à dix mille personnes venues des départements limitrophes, mais aussi du Var, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône.

Ce village-rue était protégé à chacune de ses extrémités par une porte fortifiée. L’une d’entre elles se dressait près de la place de la Loue: appelée porte de Florac, elle fut détruite au début du 19ème siècle.

Barre des Cévennes Lozère France. GR 7, GR 72, GR 67La Fontaine du Théron
Barre est construit au niveau du contact des grès et des micaschistes. De cette zone imperméable s’échappent plusieurs sources et suintements qui alimentent les Fontaines et les puits des jardins des villages. La fontaine du Théron, qui est la plus ancienne, fut plusieurs fois restaurée.

La maison-type barroise est généralement plus haute que large, vraisemblablement pour ne pas trop empiéter sur les terres exploitables. Au rez-de-chaussée, on trouvait la boutique, l’atelier, la remise ou l’écurie; au premier étage, la cuisine et une ou deux chambres à coucher au-dessus. Surmontant le tout, le pailler, où étaient stockés le foin et la paille.

Barre des Cévennes Lozère France. GR 7, GR 72, GR 67Les Roches et plantes des murs
Différentes roches ont été utilisées pour la construction des murs de Barre, surtout le calcaire et la quartzite pour les maisons auxquels s’ajoutent dans les murs de soutènement, un peu de grès, de granite, ou de micaschistes pour les toits. Ces roches viennent des environs immédiats de Barre où elles forment l’ossature du paysage, comme nous pouvons le vérifier au premier plan, en direction du Sud-Ouest.

La végétation des murs doit surmonter à la fois le manque de sol et la sécheresse. Pour résister à ces conditions, trois stratégies sont possibles: – passer la mauvaise saison à l’état de graines comme les plantes annuelles (arénaire à feuilles de serpolet – arenaria serpyllifolia); – faire des réserves d’eau comme les plantes grasses (orpin blanc – sedum album); – se dessécher sans mourir comme les lichens, et les mousses qui, en dégradant le substrat, créent un peu de sol pour les plantes supérieures (celles qui ont des fleurs donc des graines: arénaires, orpin…).

De chaque côté de la ruelle s’ordonnent les jardins construits en terrasses. Ce dispositif, propre aux pays de montagne, permet en réduisant 1a pente, de retenir la terre. La tradition orale veut que les seigneurs du lieu aient accordé, sans redevance, ces jardins à leurs tenanciers.

Barre des Cévennes Lozère France. GR 7, GR 72, GR 67La Place des écoles
Au moyen-âge, « place de la Pourcarié », elle servait de marché aux porcs. Puis les boeufs, les chevaux et les mulets leur succédèrent. Elle fut alors appelée « place du foirail ». C’était l’endroit le plus important de la foire. Les plus grosses sommes d’argent s’y échangeaient. Pendant la guerre des
Camisards (1702 – 1704), cette place fut défendue par une grande palissade en bois. Pendant la Révolution de 1789, la garde nationale s’y livra au maniement d’armes. Elle devint alors « place d’armes ». Aujourd’hui, c’est la « place des écoles ».

La Place de la Madeleine
Au 18ème siècle, les consuls de Barre firent construire cette fontaine. La municipalité la coiffa, à la fin du 19ème siècle, d’une tête de Marianne, personnification de la République. A la même époque, un peuplier, symbole de la liberté, fut planté par la jeunesse républicaine.

Barre des Cévennes Lozère France. GR 7, GR 72, GR 67De cet endroit, on peut voir quelques maisons bourgeoises: elles s’ouvrent sur la rue par de larges porches qui permettraient d’abriter les attelages et les charrettes.

Les jours de foires, le marché aux grains s’installait sous ces voûtes et sous celles de la mairie. la plupart de ces maisons datent du 17ème et du 18ème siècles. Elles témoignent du passé florissant de ce village qui comptait une vingtaine de voituriers (marchands-transporteurs) qui descendaient vers la plaine, charges de laine et de châtaignes, et remontaient avec du sel, du vin et de l’huile.

Le Château

Edifié au 12ème et au 13ème siècle, il fut entièrement reconstruit vers le début du 16ème siècle. De 1710 à 1715, il fut remanié par le seigneur de Barre qui fit graver ses armoiries au-dessus de la porte d’entrée. A cette époque, deux tours furent ajoutées. Pendant la Révolution de 1789, les armoiries disparurent, victimes d’un vigoureux martelage. Au début du 19ème siècle, la tour maîtresse fut supprimée lors d’un agrandissement.

Barre des Cévennes Lozère France. GR 7, GR 72, GR 67Le Temple
Commencé en 1823, achevé en 1826, ce temple fut le troisième. Son architecture est semblable à celle de tous les temples édifiés à cette époque . Le premier temple fut érigé près de l’église en 1608, peu après l’arrivée du protestantisme dans la région. Il n’en subsiste qu’une pierre, aujourd’hui visible sur la façade d’une maison de la rue principale, où l’on peut lire : « Qui est de dieu, oit la parole de Dieu, 1408 ».

Les protestants construisirent un second temple sous le village en 1675. Il fut détruit sur ordre du roi en 1685, lors de la Révocation de l’Edit de Nantes, ce qui les obligea à tenir leurs assemblées religieuses dans la montagne.

L’Eglise
Elle fut vraisemblablement édifiée au 12ème siècle. Sa nef voûtée en plein cintre est de style roman. Diverses adjonctions latérales, de style gothique, ont agrandi l’édifice primitif: au 14ème siècle, une chapelle (côté nord), dans laquelle figurent les armoiries des seigneurs de Barre; au 15ème siècle, trois chapelles au sud. Cette église est classée Monument historique depuis 1931.

Devant elle se trouve la place de la Bladarié où se tenait, au Moyen-Age, le marché aux grains, puis à partir du 16ème siècle, le marché aux moutons.

La Place de l’Orient
Sur cette place où s’est tenu depuis le 16ème siècle le marché aux porcs, se dressait la troisième fontaine de Barre. A l’entrée de la grande rue s’élevait la porte des
Cévennes, détruite en 1836 parce qu’elle gênait le passage des charrettes. Les maisons jouxtant cette porte, et celle de Florac, furent réquisitionnées lors de la guerre des Camisards afin de loger les soldats du Roi. Barre fut à cette époque, l’une de leurs principales garnisons.

On remarque la présence d’un grand nombre de frênes qui ont une forme particulière, dite en têtard, du fait d’un élagage régulier. Cet arbre préfère les sols relativement profonds et humides mais l’homme l’a privilégié ici au détriment de ses concurrents directs, saules, trembles, noisetiers.

Les Celtes et les Germains le considéraient déjà comme un arbre sacré, censé attirer la foudreet les pluies bienfaisantes. Son bois dur et élastique, très apprécié dans l’ébénisterie, sert à la fabrication des manches d’outils. Les premiers skis étaient en bois de frêne. Les paysans utilisent son feuillage comme appoint alimentaire pour les bêtes. Dans certaines régions ses feuilles permettent de confectionner une boisson rafraîchissante appelée frênette. Il a été transplanté, en dehors de ses lieux de prédilection, le long des routes, des chemins ou des haies.

La Place des Ayres
Ainsi dénommée parce qu’autrefois la plupart des paysans de Barre venaient y battre au fléau leurs céréales. Cette technique, connue depuis l’époque gallo-romaine est restée longtemps la plus répandue.

400 personnes manifestent dans les rues de Barre-des-Cévennes : une mobilisation sans précédent en Lozère, pour sauver une famille Tchétchène

Par: Patrick Zimmermann le: 06 août 2014 à 01:34:02 | commentaires : 7

C’est effectivement une manifestation sans précédent qui s’est déroulée hier, mardi 5 août à Barre-des-Cévennes à l’appel du Comité de Soutien et de RESF pour que la famille Tchétchène D ne soit pas expulsée…

 

 

Du jamais vu ! Près de 400 personnes réunies dans les rues de Barre-des-Cévennes, unies par une même cause, défilant au nom de mêmes valeurs… C’était hier, mardi 5 août à 18 heures et c’était pour demain et pour l’avenir. C’était pour défendre une famille Tchétchène que la population locale a adopté.

Barre veut sauver sa famille D… Un papa, une maman et leurs deux enfants arrivés en Cévennes il y a presque quatre ans. Une famille que l’on a accepté à l’époque pour que l’école ne ferme pas et qui s’est depuis parfaitement intégrée, tissant de nombreux liens d’amitié et bénéficiant à présent de l’estime de tous. Pourtant ces demandeurs d’asile sont aujourd’hui sous la menace d’une obligation de quitter le territoire français. Et cela, les Lozériens ne le veulent pas. C’est pourquoi ils se sont réunis en très grand nombre autour du Comité de soutien local et des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF), afin que le préfet les entendent et revienne sur sa décision…

Barre veut mettre hors de danger sa famille D… Ils étaient près de 400 à défiler dans le calme et la dignité pour faire valoir leur volonté et le droit pour « leurs invités Tchétchènes » à intégrer définitivement et légalement la population de cette paisible bourgade des Cévennes.

Barre veut garder sa famille D… Derrière un nombre conséquent d’élus cévenols qui arboraient leurs écharpes tricolores pour asseoir la légitimité de leur requête, l’imposant cortège s’est arrêté devant la mairie pour une minute de silence. Un moment d’émotion où les voix muettes ont porté au-delà des mots la requête de la foule immense. La famille D a fui un ailleurs rempli de guerre, de sang et de larmes. La famille D fait désormais partie de Barre où elle a gagné le droit de se construire ici un nouveau foyer… Une certaine conception Cévenole de l’accueil, de la solidarité, de respect de la famille et des valeurs de la République…

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