lozère

La Lozère est l’un des 83 départements français créés lors de la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789. Il correspond presque exactement (le canton de Saugues en moins) à l’ancien évêché du Gévaudan, qui était une partie de l’ancienne province du Languedoc.

Le département de la Lozère est le département le plus au nord de la région Languedoc-Roussillon.

Il se situe au carrefour de 4 régions administratives : Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Auvergne et Midi-Pyrénées.

Il est limitrophe des départements du Cantal, de la Haute-Loire, de l’Ardèche, du Gard et de l’Aveyron. Il dépend de l’académie de Montpellier et de la zone de défense Sud (Corse, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur) dont le siège est à Marseille. Il compte 2 arrondissements, 25 cantons et 185 communes. C’est un département représentant une partie sud du Massif central. Il se trouve au carrefour des liaisons Lyon/Toulouse (RN88) et Clermont-Ferrand/Béziers (A75). Ainsi la ville de Mende, préfecture de la Lozère, se situe environ à :

Découpage géographique

La division géographique de la Lozère suit la division géologique. On trouve donc quatre régions naturelles :

La Margeride
La Margeride La Margeride (superficie : 1 601 km²) au nord, région granitique fortement boisée. S’y étendent d’immenses pâturages entrecoupés de bois, de prés, de landes et de ruisseaux. Les plateaux sont hérissés d’énormes rochers de granit. Son point culminant est le truc de Fortunio (1 552 m).

L’Aubrac
L’Aubrac (superficie : 911 km²) au nord-ouest, plateau basaltique couvert de rivières et de lacs s’étendant sur le nord de l’Aveyron et le sud du Cantal. Son point culminant est le signal de Mailhebiau (1 469 m). L'Aubrac
Les Cévennes
Les cévennes Les Cévennes (superficie : 1 497 km²) au sud-est, chaîne schisteuse coincée entre le mont Aigoual et le mont Lozère. C’est une région très accidentée par les cours d’eau étant donnée la proximité du Rhône qui s’étend sur le nord du Gard et de l’Hérault. Son point culminant est le pic de Finiels (1 699 m).

Les Causses
Les Grands Causses (superficie : 1 158 km²) au sud-ouest, vastes plateaux arides, un peu moins hauts que l’Aubrac, comprenant de nombreux avens et grottes. La région est coupée en son milieu par les gorges du Tarn et s’étend sur le sud et centre-sud de l’Aveyron. La population s’y rassemble autour des rares points d’eau[réf. nécessaire]. Le point culminant se trouve à l’est du causse Méjean au mont Gargo (1 247 m). Les causses

La Lozère est aussi le département français présentant l’altitude moyenne de zone habitable la plus élevée de la France (environ 1 100 m).

Hydrographie

Le territoire de la Lozère alimente 3 des 6 grands bassins hydrographiques français. Ceux-ci se coupent en un point situé à la pierre Plantée au-dessus du village de Laubert. Ces trois bassins versants sont:

  • le bassin Adour Garonne ;
  • le bassin Rhône Méditerranée ;
  • le bassin Loire Bretagne.

 

La Lozère est surnommée « le département des sources » car c’est le seul département français métropolitain où toutes les rivières qui s’y écoulent prennent source sur son propre territoire. Trois importantes rivières prennent naissance en Lozère :

On trouve également des rivières plus modestes :

  • la Truyère, qui prend aussi sa source en Margeride ;
  • la Colagne qui prend sa source en amont du lac de Charpal, traverse le lac de Ganivet et rejoint le Lot au sud de Marvejols, au lieu-dit « les Ajustons »;
  • le Chapeauroux, affluent de l’Allier, qui collecte les eaux de l’ouest de la Margeride ;
  • le Bès qui s’écoule sur l’Aubrac avant de rejoindre la Truyère à la retenue de Grandvals, en matérialisant la limite départementale avec le Cantal ;
  • la Jonte qui prend sa source au mont Aigoual et rejoint le Tarn au Rozier, en creusant ses gorges, à la limite départementale avec l’Aveyron ;
  • le Tarnon qui prend sa source dans le Massif du mont Aigoual dans le parc national des Cévennes et se jette dans le Tarn à l’aval de Florac.
  • l’Altier et le Chassezac, s’écoulant de chaque côté du Goulet, se rejoignent à Pied-de-Borne, en aval du lac de Villefort ;
  • les Gardons qui descendent des Cévennes.

Occupation du sol

Occupation du sol de la Lozère

La Lozère a une superficie de 5 167 km2, c’est un département très rural et très peu artificialisé (0,54 % du territoire). Ainsi la forêt représente globalement 43,81 % du territoire, les terres arables 12,74 %, les prairies 11,36 %, les landes, pelouses et milieux ouverts, 31,19 %. Quant à la surface en eau, elle est plutôt faible : 0,36 %. Les régions géographiques citées plus haut sont faciles à identifier sur la carte de l’occupation du sol :

  • Aubrac : pelouses et prairies
  • Margeride : le territoire est très morcelé, c’est un « patchwork » de forêts, pelouses, prairies, terres arables, villages…
  • La vallée du Lot a une occupation du sol également très morcelée. Les flancs de la vallée ont fait l’objet d’un reboisement massif en pin noir d’Autriche, espèce adaptée au calcaire et destinée à limiter l’érosion.
  • Cévennes : boisements de feuillus (essentiellement des châtaigniers) entrecoupés parfois de quelques landes et boisements de résineux
  • Causses : ils montrent une alternance entre d’immenses pelouses calcaires, des prairies et des bois de feuillus (chênes, frênes, érables de Montpellier, cormiers, etc) et résineux (pin sylvestre). Le causse de Sauveterre est plus boisé que le causse Méjean.

Boisements :

En Lozère, la forêt s’étend sur 232 300 ha (environ 45 % de la superficie du département) et se répartit selon :

70 % de conifères :

30 % de feuillus :

Chaque année, cet espace forestier, composé à 80 % de forêts privées, s’étend de 500 ha supplémentaires.

Climat

  • Températures moyennes : -2 °C (janvier), +26 °C (juillet) à Mende
  • Précipitations : de 80 à plus de 200 cm / an (suivant l’exposition des régions).
  • Ensoleillement annuel à Mende : 2090 heures de soleil (similaire à Toulouse)

L’entrée en Lozère depuis le Gard, par le col Saint-Pierre

Quelques records relevés à Mende depuis 19852 :

  • Température la plus basse : -20 °C
  • Jour le plus froid : 16 janvier 1985
  • Année la plus froide : 1985
  • Température la plus haute : 36,6 °C
  • Jour le plus chaud : 16 août 1987
  • Année la plus chaude : 1997
  • Hauteur maximale de pluie en 24 h : 96 mm
  • Jour le plus pluvieux : 4 novembre 1994
  • Année la plus sèche : 1991 (377 mm)
  • Année la plus pluvieuse : 1996 (1 025 mm)

La Lozère est soumise à deux flux dominants :

  • un flux océanique pour la partie ouest, principalement l’Aubrac qui connaît de fortes précipitations.
  • un flux méditerranéen, qui apporte aussi des précipitations se produisant souvent à l’intersaison et déclenchant ce qu’on appelle l’épisode cévenol.

Microclimats

Hauts plateaux d’Aubrac (près du Faltre), 31 décembre 2007
  • Au nord-ouest, les hauts plateaux d’Aubrac (1000 à 1 467 m) sont subocéaniques humides et froids : perturbations régulières et particulièrement actives à proximité du département de l’Aveyron.

Moyennes pluviométriques  : 129 cm/an à Nasbinals et probablement 180 cm vers le Signal de Mailhebiau. Températures à Nasbinals (1 200 m)  : -1 °C en janvier, +13 °C en juillet. L’enneigement est soumis aux fortes fluctuations océaniques (les chutes abondantes alternent avec les redoux). Le manteau, qui peut atteindre 1,5 mètre d’épaisseur en forêt, se maintient environ 3 mois par an vers 1 200 m. Il est intensément modelé par le vent sur les plateaux dénudés (congères). Les pâturages d’estive retrouvent en mai une intense verdure, un peu mise à mal ces dernières années par une série de sécheresses (2003-2006).

  • Au nord, les petites montagnes de Margeride (1000 à 1 551 m) sont subcontinentales et froides. Les perturbations d’origine atlantique se sont préalablement déchargées sur l’Aubrac, tandis que celles d’origine méditerranéenne l’ont fait sur les Cévennes. Malgré de fréquents orages de mai à octobre, la Margeride est donc plutôt sèche : cumuls annuels de 85 cm à Châteauneuf de Randon et St Chély d’Apcher, et pas plus de 120 cm près des sommets.

En revanche, en relation avec les altitudes élevées, les températures sont basses  : à Châteauneuf de Randon (1 250 m), on relève -2 °C en janvier et +13 °C en juillet. L’enneigement hivernal est à la fois moins fluctuant et moins abondant qu’en Aubrac, car s’il fait un peu plus froid en Margeride, les précipitations – donc les chutes de neige – sont moindres. Il y a environ 3 mois par an de neige au sol vers 1 400 m. Le paysage est assez austère  : vastes forêts de pins, hêtres, sapins, alternent avec des hautes croupes à bruyère et plus bas, pâtures et prés de fauche.

  • Au centre et au sud-ouest, les causses, gorges et vallées d’altitude plus faible (500 à 1 200 m) combinent les trois influences du département en atténuant les effets de chacune (foehns marqués). Comme la Margeride, c’est une région relativement sèche  : cumuls annuels de 80 cm à Mende, 100 cm au Massegros, 117 cm à Florac.

Les températures à Mende (800 m) vont de +1 °C en janvier à +16 °C en juillet. À l’exception des vallées et des sites les plus bas, l’enneigement est fréquent mais pas trop tenace (environ 1 mois par an de neige au sol vers 1 000 m). L’ensoleillement est en forte progression par rapport au nord du département. Les forêts de pin sylvestre et les pâturages d’herbe rase (ovins) composent l’essentiel d’un paysage aux allures déjà méditerranéennes.

  • Au sud-est, la chaîne des Cévennes (500 à 1 700 m) est méditerranéenne et humide, douce à froide selon l’altitude. Les masses d’air humide qui se forment au-dessus de la mer viennent par flux de Sud-Est à Sud buter contre le relief cévenol, déclenchant alors les fameux épisodes plus ou moins diluviens, notamment en automne (pic pluviométrique d’octobre). Le flux d’ouest océanique, bien qu’atténué, est encore sensible sur les hauts massifs mais décline rapidement dans les vallées orientales (foehn). Au total les cumuls annuels sont parmi les plus élevés de France : 228 cm au Mont Aigoual, 184 cm à Villefort. Cette pluviométrie est cependant très irrégulière, avec une tendance à la sécheresse estivale. L’ensoleillement des vallées est excellent.

Compte tenu des forts dénivelés, les températures sont très variables :
– à Villefort (500 m) +2 °C en janvier, +18 °C en juillet
– au mont Aigoual (1 567 m) -3 °C en janvier, +12 °C en juillet.
L’enneigement, en relation avec le régime pluviométrique, est très irrégulier. C’est dans les Cévennes qu’ont été relevés les cumuls records des dernières décennies pour la moyenne montagne française (3 à 4 mètres d’épaisseur moyenne, hiver 1980-81). De façon plus générale, l’enneigement persiste au sol environ 1 mois par an vers 900 m, 3 mois vers 1 300 m et 4 à 5 mois près des sommets. La végétation est étagée : garrigue et maquis typiquement méditerranéens dans les vallées, pins et hêtres en montagne. Les paysages, à la fois luxuriants et déshérités, très sauvages, sont une parfaite illustration d’un climat tantôt lumineux, tantôt tempétueux…

La Lozère reste le département le moins peuplé de France. Cependant, si depuis la fin du XIXe siècle le département voyait sa population s’amoindrir à cause du solde migratoire négatif, les quinze dernières années montrent une nouvelle tendance qui est à la hausse. Les raisons données à cette tendance sont la qualité du cadre de vie, l’amélioration du réseau de transport routier et de communication et dans une plus faible mesure l’héliotropisme. Il s’agit néanmoins d’une population âgée et à fort pouvoir d’achat.

La faible densité de population (15 hab./km²) s’explique en partie par la pauvreté des sols et par l’exode rural très important entre 1850 et 1910. La population est concentrée dans trois centres urbains principaux : Mende, Saint-Chély-d’Apcher et Marvejols qui groupent à eux trois le tiers de la population du département. Quelques autres petits centres (Langogne, Florac, Aumont-Aubrac, La Canourgue, etc.) font figure de petits bassins de vie mais n’arrivent pas à attirer les jeunes, dont l’exode vers les métropoles voisines (Clermont-Ferrand au nord, Montpellier et Nîmes au sud) est de plus en plus important.

À noter le premier rang du département de la Lozère, en 2007, au Diplôme national du brevet.

 

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